D'où me vient cette passion?

De mon père! Je l'ai à peine connu mais il parait que j'ai ses yeux, alors peut-être m'a-t-il aussi légué le regard qu'il portait sur le monde!! Il parlait ainsi de la poésie: « Heureusement que la poésie existe, sinon on aurait toujours les pieds dans la gadoue. » Je crois qu'il voulait dire par là que nous avons besoin de beauté, de quelque chose qui nous sorte du quotidien qui n'est pas toujours très rose.

Pour moi, la photo c'est ça: une fenêtre ouverte dans la grisaille du quotidien. Ce que je veux dire c'est que le quotidien on le gère à la va comme j'te pousse, on est englué dedans, c'est la répétition de gestes automatiques. Par conséquent, le quotidien on ne s'en souvient pas.

Pour se souvenir d'un moment, il faut qu'il nous ait remué jusqu'aux tripes. Les seuls moments dont on se souviendra, ce sont ceux qui sont extra-ordinaires (:qui sortent de l'ordinaire).

 Quand je prends une photo, c'est tout d'abord parce qu'à un moment donné, j'ai vu quelque chose et j'ai pensé « C'est magnifique (ou c'est consternant), cet instant, je veux m'en souvenir ».

 Et puis je suis fascinée par la beauté (peut-être parce que j'ai étudié l'humanisme et Michel-Ange sur les bancs de la fac): c'est elle que je cherche quand je prends une photo. Je voudrais, par mes photos, ouvrir des fenêtres de lumière dans le quotidien des gens et leur montrer ce qu'ils ne voient pas.

 

« Ce qu'ils ne voient pas... »

En fait, quand j'étais plus jeune, j'étais extrêmement timide. Je parlais peu. Quand j'ai eu mon premier appareil photo entre les mains (vers 12 ans), j'ai compris que je pouvais m'exprimer autrement que par la parole: la photo est très vite devenue pour moi une façon d'être au monde, d'y avoir ma place.

 

Mon travail de créatrice/artiste

J'ai mis longtemps avant de croire en mes photos. Ma première admiratrice a été ma soeur: elle a laissé un post-it sur un de mes albums noir et blanc. Je ne pensais pas qu'elle regarderait mes photos, je m'étais juste fait un album des meilleurs, pour moi. Elle me demandait si j'avais étudié la photo en cachette, me disait qu'elle découvrait en moi un si grand talent que si elle avait été éditrice, elle m'aurait fait un book direct. J'ai recherché la date de ce post-it: elle a dû l'écrire fin août de l'année 2000.

Et puis je me suis laissé prendre par les évènements de la vie (les études, un diplôme, un mariage, des enfants). Ce n'est qu'en 2012 que j'ai décidé de constituer un book. Je l'ai présenté aux commerçants-amis de Grasse et ça a fait boule de neige. J'ai monté une première exposition au Margoum (ou les Dunes), le salon de thé tunisien de la Place aux Aires, lorsqu'il a ouvert en avril 2012. Ca n'a pas été un succès, par manque de visibilité...

Et puis est né un blog photo et a suivi une boutique sur ALM (Alittlemarket qui héberge du « fait mains »).

Et puis, j'ai adhéré à un site de conseils pour les mamans créatrices qui vivent de leur passion ou non . Et là, ça a été le déclic: j'ai compris que partager des images, c'est bien mais que partager de la vie, c'est mieux! Alors j'ai revu toutes mes créations photos à la hausse: j'ai trié, élagué, retravaillé photos et titres. Je voulais des titres solaires, drôles, pleins d'énergie. Bref, je voulais que par mes photos, on me sente vivre. Et là, je ne sais pas comment cela s'est produit, mais mes photos ont été bien meilleures (je ne suis pas la seule à le dire, les « like » FB le prouvent!:-))

Je crois que c'est parce que, aujourd'hui, mes photos parlent vraiment de ce que je suis profondément, elle parlent pour moi de ce monde si beau...